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Songe de Brume

Genre
Homme
Âge
28 ans
Dose
30 (je sais pas, c'etait ELiquid mg
Substance
DMT
Bonjour,
J'ai des TOC, et j'utilisais de la psilocybine en trip « normal » de temps en temps, avec de très bons résultats puisque je n'avais pas besoin de médicament classique. Bref, n'ayant plus de set and setting adéquat, j'ai donc pris des benzodiazépines prescrites par le médecin, le temps de pouvoir refaire un trip. Sauf que je ne savais pas que ces médicaments, pris tous les jours, génèrent une sévère dépendance physique. Donc quand j'ai voulu reprendre un psychédélique, j'ai dû passer par un an de gigantesque souffrance psychique due au sevrage de benzodiazépines.
Voilà pour le contexte. J'étais donc dans une optique de m'aider avec le trip, mais cette fois j'étais beaucoup plus mal qu'avant de prendre les benzodiazépines, car elles ont en fait fortement augmenté mes TOC et mon anxiété.

J'ai donc consommé de la DMT avec une e-cigarette, du coup je ne connais pas le dosage, mais étant un ancien consommateur de bang, je sais vider mes poumons et aspirer doucement et longtemps, ce que j'ai fait, et peut-être trop.

J'avais choisi la DMT d'ailleurs justement parce que le voyage est court, n'ayant pas le temps pour des expériences longues, cependant c'était ma première fois avec cette substance.

Je suis habitué aux prises orales, donc à une montée progressive, mais j'avais déjà pris de la salvia fumée (substance en partie de même intensité), mais là j'ai été extrêmement surpris par la vitesse d'arrivée des effets, et leur intensité.
J'étais donc assis dans le jardin d'un ami, calme et dans la nature. J'ai vidé mes poumons et aspiré doucement une vingtaine de secondes, en me disant que ça faisait déjà peut-être beaucoup, et j'ai à peine eu le temps de poser la vapoteuse que je me suis senti partir très vite, très loin.

J'ai fermé les yeux, inspiré et expiré doucement malgré l'intensité de l'état de conscience qui arrivait ; je médite, donc ça aide, voire même plutôt là, ça m'a sauvé d'un gros bad trip.

Car j'ai été projeté dans le néant, c'est-à-dire plus de temps, et aucune image (tout noir), et j'ai revécu toutes les émotions négatives que j'avais eues pendant l'année de sevrage, en même temps. C'était ultra costaud, mais bon, j'ai donc respiré et juste observé sans juger tout cela. C'est arrivé tellement vite et fort que j'ai cru que je faisais une crise d'angoisse, avant de comprendre que c'étaient les effets. Quand j'ai eu quelques visuels, les yeux fermés, ça alternait entre noir total et tunnel fractal, typiquement le genre de tunnel fractal qu'on voit en illustration un peu partout sur internet, couleurs flashy et ambiance un peu plastique. Les yeux ouverts, tout était un peu flou mais c'était désagréable, donc j'ai fermé les yeux.

L'expérience a duré 3 ou 4 minutes environ. C'était comme avoir mangé 5 g de cubensis sec, sauf que là j'avais les effets en 10 secondes et au maximum. J'avais été prévenu, je m'étais bien renseigné, etc., mais c'est quand même très surprenant.

Et donc, ce que j'en retire, c'est qu'heureusement, je savais un minimum ce que je faisais, c'est-à-dire que j'avais de l'expérience dans ces états et leur gestion, car malgré l'expérience – disons négative, ou plutôt très intense, ou en fait j'ai subi pendant 3 minutes – ça n'a rien changé à mes TOC, mais ça m'a calmé. Disons que ça m'a fait du bien de revoir ces états où tout lâche, et j'ai pu me dire que malgré le fait que je subisse une forte violence psychologique due au sevrage, je peux toujours tenir et être là, et que j'ai les armes pour peut-être aller mieux.

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CREATES — UCA Arts + Humanités CTELA — Centre Transdisciplinaire d'Épistémologie de la Littérature et des Arts vivants LIRCES — Laboratoire Interdisciplinaire Récits Culture Et Sociétés