← Retour à la liste

Sillage de Nuit

Genre
Homme
Âge
46 ans
Dose
200 mg Très forte
Substance
LSD
Récit édité par l'administration pour correction éditoriale (typographie, anonymisation).

Déjà relativement habitué aux psilocybes, 3 amis et moi avons étés invités par un quatrième à essayer le LSD ou la MDMA (au choix).
Tous consommateurs réguliers de cannabis, mes amis ont choisis d'essayer la MDMA, j'ai préféré quant à moi le LSD car je savais que les effets de cette substance étaient comparables à ceux de la psilocybine et que cette dernière m'avait toujours procurée des effets qui m'intéressaient beaucoup.
J'ai commencé par prendre un quart de buvard, puis un autre environ 1h après parce que je n'en ressentais pas les effets (contrairement à mes camarades qui ressentaient déjà de ceux de la mdma).
Même si je commençais à avoir de jolies "montées", je souhaitais connaitre une une expérience intense, j'ai ingéré la deuxième moitié encore 30 minutes plus tard environ.
Nous échangions constamment sur nos ressentis respectifs :
Eux étaient surtout dans une certaine euphorie, alors que j'étais plus dans la contemplation.
Pour être précis, j'expérimentais (comme précédemment avec les champignons) beaucoup de déformations visuelles. Proportions et perspectives changeant constamment. J'avais aussi de plus en plus de mal à m'exprimer, les idées se bousculant dans ma tête.
Le cannabis et le temps firent aussi leurs effets,nous nous sommes couchés au bout de quelques heures.
Cependant, je fût bien incapable de m'endormir et c'est à partir de là que mon expérience devint ce que l'on pourrait appeler un bad-trip.
Bien que j'en garde un très bon souvenir, j'étais incapable de maitriser le flux et la direction de mes pensées et de ma réflexion.
Je me levais régulièrement pour fumer des joints (et boire de la bière).
Malgré mes tentatives régulières, je ne suis jamais parvenu à m'endormir cette nuit là.
Mes amis se réveillaient de temps en temps et me demandaient si j'allais bien. C'était le cas.
J'étais fasciné par les questions que je me posais, qui allaient de "qu'est ce qui constitue un individu" à "qu'est-ce qui différencie la matière de l'énergie" ...
Je regardais par la fenêtre la ville s'éteindre et s'endormir progressivement, jusqu'à avoir l'impression d'être la seule personne à être encore éveillé.
Au matin, mes amis se réveillèrent et me demandèrent un peu inquiets, comment je me sentais.
Je me souviens très clairement avoir dit que j'avais l'impression d'être "tout-neuf", comme si un mécanicien m'avait patiemment démonté puis remonté pièce par pièce.
En particulier, je sentais une sensation étrange au niveau de ma mâchoire, comme si le "mécanicien" sus-mentionné n'avait pas remis mes dents exactement dans la même position.
(Fait intéressant, je perds aujourd'hui mes dents à cause d'une parodontite héréditaire.)
Ma seule inquiétude venait du fait que je ressentais un très fort besoin de prévenir ma mère que tout allait bien mais que je craignais qu'elle comprenne que je n'étais pas dans mon état normal.
Un de mes amis a fini par l'appeler au téléphone pour lui dire que j'allais bien mais que je n'avais pas dormi de la nuit et que j'allais dormir un peu avant de rentrer (c'est moi qui avais conduit pour venir dans l'appartement où nous avions passé la nuit).
Nous sommes rentrés en début d'après-midi mais c'est un ami qui a pris le volant car je ne m'en sentais pas capable.

Une initiative de

CREATES — UCA Arts + Humanités CTELA — Centre Transdisciplinaire d'Épistémologie de la Littérature et des Arts vivants LIRCES — Laboratoire Interdisciplinaire Récits Culture Et Sociétés